Retour sur le March Moto Madness 2017

Retour sur le March Moto Madness 2017

L'asphalte, le bitume, les virolos, tout ça c'est surfait maintenant ! Je ne vais pas te dire que j'ai changé de bord (quoique !) mais il y a deux semaines, j'ai participé à la deuxième édition du March Moto Madness. Le MMM pour les intimes !

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore ce rendez-vous, sachez qu'il a lieu chaque année partout dans le monde et à la même date. L'idée est simple et plutôt aguicheuse : des motos (trails de préférences) et des pistes de boue pour s'amuser en toute liberté avec sa moto. Bref, un week end aux petits oignons, de quoi te donner le dimanche soir sur la route du retour, une bonne grosse banane !

C'est parti pour la folle aventure !

C'est parti pour la folle aventure !

Il faut quand même que je t'avoue qu'à l'origine, si j'ai choisi de rouler en Tiger 800 XCA ("A" comme "Adventure", bien sûr !), c'était aussi parce que non seulement, je voulais voyager facilement et confortablement, mais aussi parce que, et de plus en plus, j'avais envie d'aventures. Et l'idée de la moto polyvalente et baroudeuse m'a, finalement, toujours séduite. En novembre dernier, je concrétisais ma démarche en m'inscrivant au Paris-Dunkerque 2017. Trois jours de bivouac, 700 km de chemins pour relier Paris à Dunkerque et un bon défi pour moi. Il m'aura quand même fallu quelques clics fougueux sur le site de CocoricoRando, un coup de fil pour convaincre un pote de le faire avec moi et j'étais officiellement un des pilotes du PDK. Sauf que, moi la boue, j'y ai jamais foutu les roues ! Ce March Moto Madness allait être une vraie bonne découverte, en bon débutant que je suis. L'occasion de voir comment je m'en sortais et surtout de connaître le comportement de ma bécane en off road. Tout un programme. 

Et en parlant de programme justement, le staff avait plutôt bien calé les choses ! En arrivant sur le site du domaine de Comteville à Dreux (28), rendez-vous sous la tente orga pour pointer et recevoir, en guise de délicate attention, un sac rempli de goodies (t-shirt, casquette, tour de cou, stickers). J'avais opté pour l'option "yourte" avec les copains ronfleurs alors que d'autres, plus courageux, avaient préféré la tente, à la fraiche (parce qu'en cette fin de mars, la température de la nuit ne devait pas dépasser les 5°C). C'était le cas de mon compagnon d'aventures que je retrouvais pour ces quelques jours. Le bien nommé Alexis de Braap (ce n'est pas un nom à particule, mais bien le créateur du "petit blog qui monte ", Braaap). 

Ma tiger et ses copines pour le we ! 

Ma tiger et ses copines pour le we ! 

Après une première nuit courte et dépaysante en yourte, dans un confort sommaire, il est temps de reprendre quelques forces avec le petit déj'. Je ne te cache pas que je suis impatient de passer à l'action ! Et ça tombe bien car le briefing de Yann et du staff est plutôt rapide et va à l'essentiel. Une fois l'équipement enfilé, je monte sur mon tigre. Un petit coup sec des talons sur ses flancs et me voilà chevauchant la savane du Madness, direction le premier parcours "les lucioles". Ca sonne gentillet ce nom de circuit, non ? Je m'attends limite à voir Peter Pan avec son fuseau vert sortir des fourrés pour m'aider à relever ma bécane. C'est une première prise de contact sur un terrain apparemment facile qui permet de faire connaissance avec l'herbe mouillée, le gras, le sable, les virages serrés, le tout bien debout sur mes cale-pieds. Que du bonheur !
Et il faut s'y faire avec ces nouvelles sensations, pas toujours rassurantes d'ailleurs. J'apprendrais petit à petit à maîtriser la glisse et à faire confiance à ma moto. Plus je roule sur ce parcours, et plus je me sens en confiance. J'applique les conseils avisés d'Alexis qui me donnera les bases pendant ce week end. A savoir : les appuis, le pivot du corps, le regard loin... des trucs qui pourraient me servir quoi !

Il n'y avait pas que des maxi trails ce we là ! 

Il n'y avait pas que des maxi trails ce we là ! 

Je quitte donc le terrain qui permettait de faire jou-jou et m'engage pour le début des hostilités avec des traces plus compliquées tout en restant accessibles. Certains terrains comportent quelques pièges, mais globalement, et passé les premières appréhensions, je m'amuse comme un petit fou-fou. Je découvre un autre monde et une autre façon de rouler que je n'avais jamais vraiment expérimentée jusqu'ici. Et pour cause, il y a toujours cette peur ultime de foutre la bécane par terre. J'en avais pas mal parlé avec Maître Cigalou et Alexis au cours d'une soirée agrémentée de quelques litres de houblon (ces messieurs sont tellement bavards que leur soif est à la hauteur de leur savoir : inépuisable ! Passons...) : "Il faut savoir lâcher prise ! La question n'est pas de savoir si ta bécane tombera par terre mais de savoir quand. C'est tout !". Lâcher prise avec une brelle à 15 000 balles ? Allé d'accord ! Je vais essayer d'être mad justement !
Et de toute façon, je n'ai pas eu le choix ! Je l'ai déposé trois fois au sol pendant le week end, mais pas de casse. Rien, que dalle, nada, walou ! Merci les protections !

Braaaaap ! ah non, c'est pas le son de mon trois cylindre ça ! 

Braaaaap ! ah non, c'est pas le son de mon trois cylindre ça ! 

En plus des circuits à proximité du campement, des randos sont proposées. Assez vite, Alexis et moi-même avons envie de nous échapper un peu plus loin. Nous suivons un petit groupe de 12 motos (principalement des GS) pour une balade de 50 bornes. Même si au début, je crois bien perdre le groupe dans les champs, je finis par raccrocher le cortège. Parce que je peux te dire qu'en bon débutant que je suis, avec mes Tkc80 flambant neufs, je n'en mène pas large. Les gars de devant roulent comme des acharnés, et même si le soleil brille de mille feux, les chemins sont encore détrempés et très boueux, faute à une pluie tenace quelques jours avant. C'est alors que je me suis rappelé d'une seule et presque unique chose que j'avais déjà entendue : "si tu perds le contrôle de ta roue avant, remets les gaz rapidement". Je peux t'assurer que quand tu sens ta moto partir dans tous les sens, le dernier truc que tu as envie de faire, c'est bien d'accélérer. Et pourtant, c'est ce qu'il faut faire. J'oubliais, je me suis aussi fait tourner en boucle cette phrase : "lâche ton frein avant !", histoire de ne pas bloquer la roue connement sur un freinage appuyé ! (j'avais désactivé l'ABS de la moto). Bref, ca cause pas mal dans ma tête et j'essaye de me concentrer au maximum pour ne pas finir au tas.

N'est-elle pas plus belle, toute de boue vêtue ? 

N'est-elle pas plus belle, toute de boue vêtue ? 

Malgré deux bonnes chutes dans le groupe (sans gravité pour les pilotes), nous rentrons en fin d'après-midi au campement avec des images pleins la tête et un premier bilan pour ma part : je me sens heureux ! Heureux d'avoir vraiment découvert cette façon de rouler, d'expérimenter de nouvelles sensations et de voir que, je ne m'en sors pas si mal que ça ! J'ai, en revanche ,sous-estimé l'effort physique que cela demande. Je suis littéralement carbonisé et je peux t'assurer que la seconde nuit dans la yourte a été extrêmement bénéfique. J'ai dormi comme un bébé !

La veillée des vaillants.

La veillée des vaillants.

Au petit matin de cette deuxième journée, je me sens reposé et plutôt impatient d'y retourner. Je repars tout de suite, après le petit déj', avec Alexis sur une rando de 30 km. Cette fois, on part tous les deux car, pour les besoins de nos blogs respectifs, nous avons besoin de faire quelques prises de vue. Cette petite rando du dimanche matin est magnifique. Nous commençons dans des champs à perte de vue, au milieu d'éoliennes, sous un soleil éblouissant. Puis très vite, nous nous retrouvons dans la forêt puis des champs à nouveau, avec parfois des panoramas incroyables, tout cela à quelques kilomètres de Paris ! Si la veille, j'avais encore quelques petites inquiétudes sur des terrains plus compliqués, je me sens plus en confiance maintenant. Mais je sais que l'un des plus grands dangers, c'est justement l'excès de confiance. Alors je roule en toute humilité en essayant de profiter du moment présent.

Sur la fin du parcours, nous arrivons face à un guet. Après avoir sondé le fond, je laisse passer mon camarade qui déblaie le terrain. Et ça passe à l'aise ! Le seul impératif est de garder un filet de gaz. Après avoir pris soin de mettre de côté tout ce qui craint l'eau (appareil photo, téléphone), je me lance. Gaz, débout sur les cale-pieds, le regard loin et.. hop ! Je suis de l'autre côté. On s'amuse plusieurs fois à passer et repasser, histoire aussi de laver nos motos au passage. 

J'ai toujours aimé sauter dans les flaques d'eau !

J'ai toujours aimé sauter dans les flaques d'eau !

Nous arrivons au campement et c'est donc la fin de ce week end incroyable. Le temps de rassembler les affaires, dire "au revoir" aux copains et je reprends la route. Qu'est-ce que j'ai pu trouver cette N12, direction Paris, chiante à mourrir ! T'as pas idée. Quand tu passes deux jours entiers, debout sur la moto à bouger dans tous les sens, rouler sur de l'asphalte et tout droit... c'est d'un banal. 
Je ne cesse de me repasser le film de ce que j'ai vécu. Bien sûr, c'était bien ! Mais plus que ça, c'était même génial. J'ai pu faire mes armes dans la boue, prendre vraiment confiance en moi, voir ce que valait ma moto (et elle n'a pas démérité, bien au contraire), rencontrer plein de gens sympas, passionnés comme moi, que je reverrais pour la plupart au Paris-Dunkerque dans quelques semaines. Tiens, le PDK, en voilà un autre objectif de ce week end : me sentir prêt ! Et crois-moi, je me sens opérationnel, et même carrément impatient d'aller recoller mes tétines dans les chemins là-haut. Le March Moto Madness est vraiment une belle expérience à vivre et à partager. Quelque chose me dit que le Paris-Dunkerque sera encore plus intense. Rendez-vous là-bas !

Je tenais à remercier chaleureusement : 
- Yann de CocoricoRando pour m'avoir permis de participer à ce MMM 2017. Bravo à toi et ton staff pour l'organisation et la bonne humeur.
- Michel de Ixtem-Moto pour avoir toujours fait le max pour obtenir le matos dans des délais super shorts !
- Triumph GB Motors à Bonneuil pour toujours prendre le temps de vous occuper de ma moto, même en cas de galères ! 
- Alexis (Braap) pour m'avoir donné de supers conseils durant ces deux jours, guidé pendant les randos ainsi que pour la livraison express. C'était nickel !

 


 

Paris-Dunkerque (5e édition)

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LA ROUTE DES GRANDES ALPES – EP. 03 – De col en col

LA ROUTE DES GRANDES ALPES – EP. 03 – De col en col