LA ROUTE DES GRANDES ALPES – EP. 03 – De col en col

LA ROUTE DES GRANDES ALPES – EP. 03 – De col en col

Pour la suite de mon voyage dans les Alpes, nous sommes donc à Beaufort et nous nous réveillons après une nuit relativement calme. Je n'aurais pas eu le droit au déluge et aux orages monstrueux qui avaient été annoncés par la météo la veille au soir (si je chope les types de Météo France, j'aurais deux mots à leur dire !). Je te vois venir : tu te dis sûrement que quand tu dors sous la tente, en montagne, c'est quand même plus sympa s'il fait beau. Et tu as raison, mais moi j'aime les orages sous la tente. Je ne sais pas si c'est un souvenir de quand j'étais môme mais avec mes copains du quartier, dès qu'il y avait un orage potentiel on plantait nos tentes dans le jardin, histoire du profiter du spectacle son et lumière en premières loges. J'ai toujours adoré cette ambiance électrique avant la tempête, le bruit de la pluie sur la toile de tente. Bon, je te cache pas que je me sens plus en confiance si on peut s'abriter ailleurs en cas de pépin plus sérieux. Je ne suis pas complètement maso ou inconscient ! 

Toujours est-il qu'au petit matin nous plions le paquetage et aujourd'hui s'annonce être une étape clée puisque nous faisons route vers le fameux col de L'Iseran. C'est l'un des plus haut col routier d'Europe puisqu'il culmine à 2770 m. Nous allons changer de paysages et laissons derrière nous la Maurienne pour passer en Tarentaise. J'avais déjà fait ce col il y a deux ans, avec un tout autre gabarit puisque j'étais alors en camping-car avec femme et enfant. C'était différent ! Très beau et presque lunaire. En voyant les gars qui arrivaient en bécane là-haut avec leurs gros trail, je me suis promis alors que moi aussi, j'y retournerais. A l'époque j'avais une Triumph Thruxton et une Honda NC750x. C'est notamment pour des voyages comme celui-ci que j'ai tout revendu pour m'acheter, sans regret, la Tiger 800. 

Au petit matin, la moto est chargée et prêteà partir !

Au petit matin, la moto est chargée et prêteà partir !

Au départ de Beaufort, l'ambiance est humide puisqu'il a plu pendant la nuit. Mais le soleil fait son apparition. Nous prenons donc la route direction le Cormet du Roselend et son lac mythique. J'avais déjà eu la chance d'y passer (toujours en camping-car) alors qu'il faisait un soleil radieux. L'endroit m'avait laissé une impression de calme et de sérénité incroyable. Un décor de carte postale avec ses eaux vert émeraude. Mais pour l'heure, les choses se corsent et les sommets se bouchent doucement mais sûrement. En arrivant à l'auberge du lac, je n'ai plus aucun doute, il va falloir affronter la flotte pendant la montée.

Certains prennent la pose devant la Tour Eiffel ou la Tour de Pise, moi devant le lac du Roselend ! CQFD !

Certains prennent la pose devant la Tour Eiffel ou la Tour de Pise, moi devant le lac du Roselend ! CQFD !

Après une photo souvenir face au lac, nous décidons de nous donner un peu de courage avec un bon café et une bonne tarte aux myrtilles. Nous passons en mode Robocop avec combinaison de pluie et équipements chauds. Même s'il fait gris, la vue sur le lac est magnifique. Il règne ici une ambiance étrange, presque mystérieuse. J'adorerai être ici en plein hiver sous la neige, le paysage doit être à couper le souffle. 

Dans l'auberge du lac, il y règne une ambiance particulière.

Dans l'auberge du lac, il y règne une ambiance particulière.

Vue de l'auberge sur le lac, avec en fond le Cormet du Roselend.

Vue de l'auberge sur le lac, avec en fond le Cormet du Roselend.

Nous prenons la route en même temps qu'une troupe d'allemands en BMW 1200GS (forcément !), et c'est partie pour l'ascension du Cormet du Roseland. Finalement et c'est le comble, la pluie s'arrête assez vite. J'ai chaud sous ma tenue, peut-être aussi parce que je suis concentré à garder les bonnes trajectoires dans ces virages en épingles qui s'enchainent. Les premiers pour moi ! Nous passons le Cormet dans une ambiance digne d'un paysage écossais, avec des nuages bas et une espèce de crachin pas très agréable. Nous redescendons vers Bourg Saint-Maurice et regonflage de pneu obligatoire car j'en avais vraiment besoin. Le train avant perdait en précision. Cela devrait aller mieux pour la suite.

C'est partie pour l'ascension du col de l'Iseran après être passés par Val d'Isère, le soleil apparaît entre les nuages et le spectacle est tout simplement GRAN-DIOSE ! Au fur à mesure que nous prenons de l'altitude, je savoure chaque instant. J'en prends plein les yeux et partager cela avec ma passagère préféré est un moment de bonheur entier et absolu. Il faut que je reste concentré sur la route (il ne s'agirait pas de louper un virage, hein !) mais j'ai envie de m'arrêter tous les 100 m pour filmer, photographier tout ce que je vois. J'ai une envie frénétique de graver cela en moi pour l'éternité (et de le partager avec ceux qui loupent de tels instants). Mais c'est peut-être ce qui fait, justement, que ces moments sont exquis, car ils sont d'une intensité rare et rien ne pourra retranscrire, à sa juste valeur, l'émotion du moment. D'ailleurs, en parlant d'émotion, en voyant le panneau qui annonce l'arrivée, je dois t'avouer que j'ai eu les yeux tout humides. Ca peut te paraître un peu con mais ce voyage, et cette étape particulièrement, représente beaucoup pour moi, une promesse faite avec moi-même et un challenge très personnel. Le début, je le crois, de nombreux autres ! 

L'arrivé du col de l'Iseran est spectaculaire ! Il fallait bien nous immortaliser

L'arrivé du col de l'Iseran est spectaculaire ! Il fallait bien nous immortaliser

Paysages lunaires et neiges éternelles.

Paysages lunaires et neiges éternelles.

Photos souvenirs faites avec, en fond, ce paysage lunaire incroyable, je discute alors avec un couple de motards approchant la cinquantaine et venant de Genève. Ils font aussi la route des Grandes Alpes en Triumph Bonneville T100 et me racontent alors qu'ils partent dans un mois en Himalaya. Là-bas, il loueront des Royal Enfield. Un beau périple qui raisonne en moi comme étant un sacré défi ! A voir si je le ferais un jour, mais chaque chose en son temps, camarade !

A 2770 m, le vent souffle et il fait très froid, même en plein été. Nous ne trainons pas trop sur place et redescendons direction Bonneval sur Arc. Nous sommes désormais dans le Parc National de la Vanoise. L'un de nos endroits préférés des Alpes, un coin que nous commençons à bien connaître puisqu'on y séjourne régulièrement ne serait-ce que pour des randos ou lors de notre dernier roadtrip en camping-car. 

L'arrivée sur Bonneval sur Arc en descendant du col de l'Iseran.

L'arrivée sur Bonneval sur Arc en descendant du col de l'Iseran.

Il fait beau et la route (un billard !) entre Bonneval sur Arc et Lanslebourg est incroyablement plate et cernée de hauts sommets. Un petit moment de répit bienvenue après ces lacets avalés. Il est déjà 17h et j'appelle un ami (coucou Geoff !) qui tient l'Auberge de Jeunesse de Val Cenis. C'est là que nous séjournerons cette nuit. Une douche chaude, un bon repas et une bonne nuit de sommeil va nous faire le plus grand bien. Il faut savoir vivre simplement et c'est ce que j'aime dans des voyages comme celui-là : on se concentre sur l'essentiel.

Un instant de détente, volé dans la chambre de l'auberge.

Un instant de détente, volé dans la chambre de l'auberge.

Et puis de toute façon, un orage vient de s'abattre sur nous, il pleut à torrent écourtant ainsi notre petite balade, à pied cette fois, que nous avions entamée. Nous nous réfugions à l'auberge. Il va falloir savourer ces moments car demain, nous serons au refuge du Petit Mont Cenis à 2 200 m d'altitude... et sous la tente. Je commence à me dire que, finalement, si l'orage pouvait nous épargner sur ce coup, cela ne serait pas de refus...

Retour sur le March Moto Madness 2017

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LA ROUTE DES GRANDES ALPES – EP. 02 – ENTRE LES MONTAGNES

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