AUVERGNE – Ep. 03 – ENTRE TOSCANE ET VOLCANS

AUVERGNE – Ep. 03 – ENTRE TOSCANE ET VOLCANS

L'automne en plein milieu du printemps (nous sommes fin mai), ça fait tout drôle. Et après les quelque 200 km enquillés sous la flotte pendant deux bonnes heures, crois-moi, nous avions besoin de repos et de nous sustenter. Après un rapide tour du propriétaire et de notre magnifique chambre, nous posons nos valises dans cet espace bien douillet. Nous avons rendez-vous dans une petite heure pour prendre l'apéro et tailler le bout de gras avec les proprios des chambres d'hôtes Coqcooning (coucou Florence et Franck !) Le principe est simple : offrir un espace de détente avec des chambres très agréables (FengShui, balnéothérapie) et une cuisine gastronomique avec des produits frais du jardin ou des alentours (nous sommes dans une ferme d'élevage de volailles). Bref, tout est bon, sain, bio et nous nous sentons tout de suite comme des coqs en pâte. Bon... ici, on les mange les coqs justement, mais tout est fait pour notre bien-être. Une heure plus tard, nous voilà fins prêts pour l'apéro et ça va être le festival des papilles ! Ne reste plus que ce foutu soleil que nous espérons le lendemain, pour la première balade en terre du Forez.

Florence et Franck s'appliquent à nous faire découvrir des saveurs du coin. Une vraie punition ! :)

Florence et Franck s'appliquent à nous faire découvrir des saveurs du coin. Une vraie punition ! :)

Manque de bol, et comme on s'y attendait finalement un peu, au levé, le ciel est bouché et... il pleut. Enfin, de la pluie fine et désagréable... Mais si ! Je te dis que nous ne sommes pas au mois de mai, mais en novembre. Va falloir s'y faire et composer avec ce temps dégueulasse. Histoire de se "désenuager" le crâne d'hier soir (le vin était très bon, trop bon !) nous décidons d'aller prendre le petit-déjeuner qui nous a été préparé. Et là, Ô merveille ! Nous attends alors, sur la table, un petit déj' incroyable et réalisé uniquement de produits du jardin et surtout frais. 

Même avec la pluie, prendre un petit dej' comme ça, c'est un moment... délicieux.

Même avec la pluie, prendre un petit dej' comme ça, c'est un moment... délicieux.

Alors que nous dégustons ce copieux petit-déjeuner, nous voyons apparaître Florence, la propriétaire des lieux, la mine désolée en regardant par la fenêtre : "Mes pauvres, c'est vraiment pas de bol. D'habitude, fin mai, on a un sacré soleil. Les motards qui viennent ici se régalent à cette époque. Mais j'ai une bonne nouvelle : cet après-midi, ça se dégage ! Et vous pourrez en profiter pour choisir un de mes roadbooks. Je vous propose la Petite Toscane, vous verrez, c'est superbe !" Nous prenons bien volontiers cette dose d'optimisme apportée par notre hôte, car avec cette vilaine pluie du matin, nous étions à deux doigts de pratiquer la danse du soleil pour qu'il finisse par se pointer, le bougre ! Mais quelque chose m'interpelle un peu. La Petite Toscane ? Aurions-nous rouler un peu trop à l'est, hier ? Je peux facilement intégrer le fait que désormais, l'automne ait lieu au printemps (et le printemps en hiver, mais c'est un autre débat, ma petite dame !) mais pourquoi parlons-nous de Toscane en Auvergne ? Et bien simplement (et il fallait s'en douter) les paysages seraient similaires à cette région du pays de la Mozzarella. L'idée nous enchante, d'autant que je ne connais pas du tout la Toscane (Tiens ! Ca doit être un autre beau voyage à bécane ça ! A noter pour plus tard).

Mais pour l'heure, et en attendant que cette satanée flotte ne cesse, nous décidons de visiter le domaine et la ferme de Florence avec qui nous partons. Rencontre avec ses occupants.

Il n'y a pas que des volailles à la ferme de Florence... 

Il n'y a pas que des volailles à la ferme de Florence... 

Ce petit tour du propriétaire est aussi l'occasion de faire plus amples connaissances. Florence nous explique ce métier qui la passionne, nous parle de sa région (l'Auvergne, pas la Toscane hein !) mais aussi des réalités parfois difficiles liées à son activité d'éleveur de volailles. C'est un moment très simple et agréable que nous passons ensemble. Nous sommes émerveillés et amusés par tous ces animaux que nous croisons, et même si nous passons beaucoup de temps à sillonner les campagnes de France, nous avons le droit à un petit instant "tendresse". Et oui, c'est l'heure du biberon pour les agneaux ! 

Vous êtes bien sur blog dédié au voyage à moto. Si, si !

Vous êtes bien sur blog dédié au voyage à moto. Si, si !

Trêve de plaisanterie, je me doute que tu n'es pas venu là pour voir des poules, des moutons et entendre parler de gastronomie française. Toi, ce que tu veux c'est du paysage à t'en casser la rétine, du virolos à gogo et des tapis d'asphalte usés par les gommards du motard. Tu as bien raison, et je vais essayer de t'en donner.

Dans l'après-midi, miracle ! La pluie s'arrête. Nous nous équipons et c'est parti pour l'Italie, la Toscane, son soleil et ses champs d'oliviers... Euh...enfin presque ! C'est plutôt le départ pour la balade de la Petite Toscane... en Auvergne, son ciel gris et ses températures bien fraîches. Une balade de deux heures et demi et quelques 200 km. Sur le papier, je me dis que cela va être vraiment (trop ?) tranquille. Mais en regardant le roadbook de plus près, je me rends alors compte que la route ressemble à une bonne "entortillade" de virages sur des routes qui, parfois, ne portent même pas de nom. Après le périph et l'A86 autour de Paris, ça va me faire tout drôle. Parce que je n'ai pas de honte à te le dire : je n'ai jamais vraiment pris d'itinéraires avec de gros virages dans tous les sens. Bien sûr, j'ai fait des balades avec les copains en vallée de Cheuvreuse, dans le Vexin et jusqu'à Deauville même. Mais depuis quatre ans que j'ai mon permis deux roues, et bien c'est ma première vraie balade loin de chez moi. Et je vais enfin comprendre ce que représente le paradis pour tout motard qui se respecte : la succession de virages sur des petites routes de campagne où on ne croise personne, dans des paysages sublimes. Très vite, le Tiger me met en confiance : ça freine bien, ça se met sur l'angle tranquillement et ça tire fort dès que je le sollicite ! 

Ma passagère préférée et moi-même, nous retrouvons assez rapidement face à un beau paysage de Toscane donc (si ça ressemble à cela la "vraie" Toscane, je veux bien y aller !). Des champs vallonnés à perte de vue, où le soleil effectue quelques percées dans les nuages apportant des saturations de jaune, d'ocre et de vert. Florence avait donc raison : le temps se lève et nous apercevons quelques châteaux perchés sur des morceaux de falaises, presque en équilibre. Nous traversons de petits villages, au milieu de nulle part, isolés de tout. Je ne peux pas m'empêcher de penser que même si vivre ici doit offrir un spectacle dont on ne se lasse pas au fil des saisons, cela doit être relativement compliqué au quotidien à cause de l'éloignement d'un peu près toutes les commodités d'une ville et d'une sociabilité réduite. 

C'est la pause déj ! Le long d'une forêt au milieu de nulle part.

C'est la pause déj ! Le long d'une forêt au milieu de nulle part.

La ballade se termine tranquillement. Ente temps, nous avons consulté la météo pour demain et le grand soleil tant attendu est alors annoncé. Joie dans les cœurs ! Il est temps de rentrer pour l'apéro... enfin pour reprendre des forces. Demain sera une journée plus dense et avec le beau temps en plus. Nous avons prévu de rouler jusqu'au Mont Dore, soit presque le double de kilomètres d'aujourd'hui.

Nous sommes le matin et après une nuit très calme, sans un bruit (il faut toujours un petit temps d'adaptation pour s'habituer au silence lorsque nous sommes confrontés aux bruits de Paris et sa banlieue), j'ouvre l'œil et devine quoi ? LE SOLEIL ! Si, absolument, il est là et il nous attend, comme une incitation à la balade. Il sera notre compagnon de route pour aujourd'hui.

Il fait beau, et même de derrière les volets, ça donne envie non ?

Il fait beau, et même de derrière les volets, ça donne envie non ?

Après la Petite Toscane, nous prenons donc la direction des volcans d'Auvergne, le Puy de Sancy, et le Mont Dore. Tout un programme ! Je dois dire que cette fois-ci, on en a pris plein les yeux. Je ne sais pas si c'est à cause du soleil mais les paysages sont absolument sublimes. Il y a des points du vue extraordinaire sur les volcans, et nous commençons à prendre de sacrés virages, en montée et en descente... Sans s'en rendre compte, nous sommes en montagne ! Nous arrivons à la mi-journée vers Besse puis Super Besse , les stations de ski réputée du coin. Après une montée assez jouissive (virages et bitume du tonnerre) vers le Mont Dore, nous décidons de casser la croûte là-haut.  

Et bien, au sommet, on se les gèle mais... c'est beau ! 

Et bien, au sommet, on se les gèle mais... c'est beau ! 

Les repas avalés très rapidement pour cause de froid et de vent au sommet, nous redescendons de l'autre côté de la vallée et continuons notre voyage par des petits villages très pittoresques et des routes sinueuses à souhait. Il est maintenant temps de rentrer, il fait désormais chaud, et n'avons cessé de nous dire via les intercoms de nos casques : "qu'est ce que c'est beau, putain !"

Le petit village de Murol et son château. Il est bon d'y prendre un café.

Le petit village de Murol et son château. Il est bon d'y prendre un café.

Nous arrivons la ferme de Poule Rousse vers 17h. Il va déjà bientôt être l'heure de l'apéro et de déguster un excellent repas préparé par Franck. Demain, nous repartirons déjà pour Paris. Nous avons la tête pleine d'images, de paysages et d'odeurs. C'est pour cela que j'aime la moto. Parce que je vis plus intensément les endroits que je traverse. Je m'arrête où je le souhaite et quand je le veux. Bref, j'ai tous les sens en éveil et je me sens vivant ! Le soleil se couche et il est temps de faire quelques dernières photos.

"Prends-les bien en photos mes canettes, parce que demain... Elles y passent !" - Florence, éleveuse de volailles.

"Prends-les bien en photos mes canettes, parce que demain... Elles y passent !" - Florence, éleveuse de volailles.

D'un point de vue strictement personnel, ce premier "vrai" voyage à moto m'a conforté dans l'idée que j'aimais vraiment cette façon de découvrir des endroits. Même si partir, n'est pas nécessairement une chose aisée pour moi, j'ai au moins le mérite de me lancer quelques défis du genre. J'aime ce côté nomade dans le voyage. Rester peu de temps à un endroit, être en transit, et avide de découvrir encore et encore des endroits exceptionnels. C'est aussi une histoire de rencontres et de partages. Je l'ai encore vérifié cet été, lors de notre voyage dans les Alpes. La moto incite à la contemplation, certes, mais aussi à l'échange avec ceux qui partagent notre aventure d'une manière ou d'une autre. 

Je tenais à remercier Florence et Franck pour leur accueil sans failles et leurs gentillesses. Si tu cherches une bonne adresse dans le coin, pour visiter la région, bien manger (sainement) et te reposer, la ferme de Poule Rousse et le concept Coqcooning sont faits pour toi. Seul impératif, ou presque, avoir un ou une amoureuse ! 

A notre retour de ce voyage, je décidais, quelques jours après de repartir, cet été, dans les Alpes (avec ma passagère préférée) et sur la fameuse route des Grandes Alpes. Nous en sommes revenus après 2000 km qui ont été encore plus incroyables. Je te ferais un petit compte rendu ici même, ne t'inquiète pas, j'ai des images et des vidéos à ne plus savoir qu'en faire !  

Erreur de casting : la Yamaha MT09

Erreur de casting : la Yamaha MT09

AUVERGNE  –  CLIP VIDÉO DU VOYAGE

AUVERGNE – CLIP VIDÉO DU VOYAGE